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La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire 63km

10 Janvier 2016 , Rédigé par les amenturiers Publié dans #rand'eau

La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km
La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km

Ce parcours réalisé au mois de Mai 2014 est notre premier sur plusieurs jours (je ne compte pas les journées de location sur le Célé, Dordogne,etc…)

Nous choisissons ce parcours car la Loire est un cours d’eau qui nous fait rêver et nous avons lu de très bons retours d’expériences sur différents forums spécialisés (forum expemag et forum kayak). Le côté historique et culturel nous attire également. Loire « Fleuve Royale », classée au patrimoine mondial de l’Unesco entre Sully sur Loire et Chalonnes.

Pour l’occasion, nous louons un canoë chez Canoe-company, loueur de qualité et professionnel. C’est un  Charles River de chez Old town (je ferai un article plus tard sur notre blog pour faire un comparatif de tous les canoës que nous avons essayé).

Vous trouverez un lien vers son site, à la fin de la page sur le Cher.

Nous arrivons sur Amboise le Vendredi en début d’après-midi où nous avons rendez vous avec Jean François SOUCHARD de canoe-company. Le temps est couvert et le vent bien frais. Le niveau du fleuve, assez haut, présage une bonne vitesse moyenne pour la navigation.

La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km

Etape 1 :

D’Amboise à Rochecorbon 15 km

Nous mettons à l’eau pour le départ juste en aval du pont d’Amboise au niveau de l’ile d’or, bras de droite de la Loire (voir photo). Il est également possible de stationner facilement la voiture sur place. Après révision du « River-book » que j’avais préparé pour chaque étape, nous chargeons le canoë et embarquons pour nos premiers coups de pagaie. La Loire est impressionnante par sa largeur. J’essaie de mettre en pratique les vidéos et schémas que j’avais vus sur la technique de pagayage pour aller droit. Et oui, étant débutants à cette époque, suivre un cap n’est pas si simple en canoë, d’autant qu’il y a un bon vent latéral ce jour là et que le canoë a tendance à faire ce qu’il veut... Progressivement, en faisant attention à mon mouvement, la trajectoire devient de plus en plus stable et je commence à prendre un réel plaisir à le faire. Cela m’apporte une sérénité incroyable. Ma coéquipière se débrouille très bien à l’avant. Le paysage est magnifique. Les maisons troglodytes sont visibles depuis le canoë ainsi que de belles demeures en tuf de pays.

Les bancs de sable s’enchainent et l’étape est rapidement avalée avec ce courant bien soutenu. Nous avons prévu d'accoster pour visiter Vouvray et y acheter une petite bouteille. Nous avons des difficultés à nous situer précisément sur la carte IGN car les arbres sur les bords de Loire à cet endroit sont très hauts et nous empêchent de repérer un point fixe sur la berge (château d’eau, ligne haute tension, clocher, etc.…).Nous savons où nous sommes mais pas avec précision. Nous décidons quand même de nous arrêter car nous devons être dans le secteur du village. Nous accostons sous les saules qui pleurent des larves d'aphrophora suceurs de sève. On les appelle aussi « crachas de coucou ». Nous camouflons le canoë avec le tarp vert dans la végétation et partons pour la visite. Nous marchons 10min dans l’herbe haute avant d’atteindre la route de la levée. Aucun panneau bien entendu. Une grande route toute droite et des maisons à flanc de falaise de l’autre coté. A gauche ?…..à droite ?…….impossible de bien se repérer même avec la carte IGN. Nous pensons être à un endroit sur la carte et décidons de prendre à gauche pour rejoindre Vouvray. Nous longeons la route pendant au moins 15min. Elle parait interminable, surtout avec mon sac étanche sur le dos, qui me tire sur les épaules. Ma chérie me dit que logiquement nous aurions déjà dû arriver à Vouvray…Au bout d’un moment nous voyons enfin le panneau d’un village et c’est …….Rochecorbon ! En fait nous avons accosté juste après Vouvray et il fallait prendre à droite et non à gauche. Pas toujours évident de se repérer quand tout se ressemble... Bref, nous continuons et montons dans le village. Le centre historique de Rochecorbon est très sympa, avec une église fortifiée et des petites rues pittoresques. Nous essayons de trouver une épicerie ou un boucher pour acheter des saucisses à griller mais tout est fermé (jour férié oblige). Nous vivrons sur nos réserves. Nous retournons sur nos pas en longeant la Loire par un petit chemin de terre et retrouvons notre canoë. Remise à l’eau pour chercher une île où passer la nuit. Nous la trouvons en 5min, juste après Rochecorbon. Pour info, un arrêté préfectoral interdit l’accès aux îles d’Amboise à Rochecorbon entre Avril et Août pour protéger les nichées de sternes PierreGarin et Gravelots qui fond leur nid au milieu des galets. Notre île est assez grande, envahie par les castors à voir tout les arbres coupés en forme de crayons bois. Un petit banc de sable isolé n’attend plus que nous. Nous installons le bivouac et buvons l’apéro. La proximité de Tours et de l’A10 générera un brouhaha qui perdurera toute la nuit.

photos étape 1
photos étape 1
photos étape 1
photos étape 1
photos étape 1
photos étape 1
photos étape 1

photos étape 1

Etape 2 :

De Rochecorbon à Luynes (17km)

Le soleil est revenu pour cette deuxième journée et illumine la tente depuis tôt le matin. Cela nous met en joie et nous apporte une super énergie. Nous prenons tranquillement notre petit dej aux chauds rayons du printemps. Une fois le bivouac rangé et effacé pour ne laisser aucune trace, nous embarquons pour une nouvelle journée d’aventures Ligérienne.

Nous arrivons dans Tours peu de temps après. L’agglomération de Tours comporte 6 ponts.

Seul le pont Wilson (le 4eme) demande réellement une attention particulière pour le franchir. Il se passe sous l’arche de gauche et il vaut mieux s’arrêter en amont (au niveau d’une échelle) pour aller repérer car des blocs de roches de l’ancien pont génèrent un gros train de vague sur au moins 100m (variable en fonction du niveau d’eau). Pour ma part, j’ai bien regardé pendant au moins 5min où passer... Je n’en mène pas large à tel point que je réussis à faire -un peu- stresser ma chérie en lui disant "on aura de la chance si on ne finit pas à l'eau". Etant débutant et ayant la responsabilité de l’orientation du bateau j'espère éviter de déssaler avec tout notre matériel d’autant qu’il y a un fort contre courant derrière la pile de pont.

Après avoir pris plusieurs grosses respirations, nous nous lançons. Nous prenons un maximum de vitesse pour garder de la directivité. J’oriente le canoë à l’endroit que j’avais repéré. Des badots nous regardent passer avec tout notre bazard. La première vague soulève l’avant du canoë. On continue à pagayer. Le canoë est secoué d’avant en arrière et tout se passe très vite ensuite. Des déferlantes rentrent par l’avant et trempe Audrey. Nous essayons de garder le cap au mieux en évitant d’être pris par le contre courant. Le Charles River réagit bien et sortons juste mouillés de ce passage tumultueux. Trop heureux, nous nous tapons la pagaie en signe de victoire. Il faudra tout de même s’arrêter un peu plus loin pour nous sécher et vider l’eau.

Le reste du parcours se déroule tranquillement avec un regard contemplatif sous les rayons bienfaiteurs du soleil.

Nous posons le campement sur l’île du buisson gouois au niveau de Luynes. Cette île est très tranquille et nous passons une soirée merveilleuse avec le chant des grenouilles.

photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2
photos étape 2

photos étape 2

Etape 3 :

De Luynes à Bréhemont (20km)

La journée démarre sous un beau soleil. Comme d’habitude, nous effaçons toute trace de notre passage sur l'île.

Quarante minutes après notre départ, nous arrivons au pont suivant de cinq-mars-la-pile (voie de chemin de fer), qui mérite aussi d’être reconnu avant son passage. Pour notre part, nous le prenons complètement à droite. Juste après en rive gauche, nous passons le bec de Cher où des vaches se rafraichissent les pattes dans l’eau. La Loire est toujours bien large et nous nous amusons à nous faufiler dans des bras plus petits au fil des îles que nous rencontrons. La lecture de l’eau sur la Loire est moins évidente qu’il n y parait. Nous nous retrouvons parfois à frotter le fond du canoë alors que nous sommes en plein milieu du lit de la rivière. D’autres fois nous nous retrouvons comme aspirés d’un coté ou de l’autre en arrivant sur les îles et ne prenons pas le bras que nous avions prévu. Avec l’habitude nous apprenons à lire et anticiper ces particularités de la navigation sur ce fleuve sauvage.

Nous bivouaquons le soir sur une île en aval de Bréhemont. Elle est grande et envahie de datura. De nombreuses traces de pas de castors et ragondins sont visibles sur le sable. Nous installons la tente et ramassons des morceaux de bois mort pour le feu du soir. Sur cette île nous nous sentons chez nous, comme si nous avions retrouvé nos origines, Plus proches du monde animal que celui, trépident, des hommes. C’est fou ce que le canoë nous apporte comme paix intérieur. Tout se ralentit, le temps reprend sa dimension.

Concernant nos feux de bivouac, ils sont à but alimentaire, donc petits et à demi enterrés, ce qu’il nous permet d’effacer toute trace de foyer en rebouchant le trou le lendemain en pliant le camp. Nous apprécions de trouver une nature vierge à nos arrêts et faisons en sorte de la laisser dans le même état en repartant. Ce respect de la nature est très important pour nous.

photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3
photos étape 3

photos étape 3

Etape 4 :

De Bréhemont à la Chapelle sur Loire.( 11km)

Après une nuit sereine, la dernière journée pointe sont nez. Nous prenons tout notre temps comme si nous voulions le suspendre, pour ne pas que l’aventure s’arrête. A la vitesse où nous allons sur l’eau, nous estimons que l’étape sera bouclée en moins de deux heures. Les nuages refont leur apparition.

Nous décollons en fin de matinée. L’ambiance est calme. Nous parlons peu comme pour savourer les derniers instants.

Cette étape est légèremement moins sympa car le barrage de la centrale de Chinon ralentit la Loire qui perd son coté sauvage et amusant de par ses multiples bras.

Nous accostons à la Chapelle sur Loire ou nous avons rendez-vous avec Jean François pour le trajet retour, que nous faisons en camion par la route de la levée.

Nous regardons la Loire et ses îles sauvages mélancoliquement, notre esprit rempli des images de ses derniers jours de navigation et bivouacs.

La Loire est vraiment le fleuve Royal, royal pour les amoureux des aventures nautiques à la pagaie. Tout y est concentré et à proximité. C’est sûr, nous retournerons pour mieux la découvrir.

La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km
La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km
La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km
La loire d'Amboise à La-Chapelle-sur-Loire  63km

Pour ceux qui veulent voir de belles images de la Loire et de ce parcours, je vous mets cette vidéo de la célèbre émission des racines et des ailes sur le val de Loire.On voit d'ailleurs trés bien le fameux train de vague du pont Wilson au début de la vidéo

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Yvan 12/09/2016 20:08

Super! Continuez à nous faire rêver avec vos topos! ;) Au top!

les amenturiers 13/09/2016 10:09

Merci Yvan pour le com, ça fait plaisir!!et oui, nous allons continuer car il reste encore pas mal d'articles à rédiger avec de belles randos.